PostHeaderIcon Miettes de la Fusterie

PostHeaderIcon Le silence, un maître intérieur

Spiritualité - Miettes de la Fusterie

Le silence, un maître intérieur

 

Un jour, un homme demanda à son maître : « Apprends-moi le silence ».

Le maître dit :

Ecoute le chant du silence.

L’homme répondit :

Je n’entends rien, rien d’autre que tout le brouhaha de mes pensées, de mes émotions, un fracas intérieur dont le flux et le reflux incessant ne me laisse aucun répit.

Ecoute. Prends le temps faire silence.

Me taire pour quoi faire ? Pour entendre tout ce que je fuis : mes petites frustrations, mes agacements, mes angoisses, mes souvenirs blessés ?

Me taire pour quoi faire ? Pour prendre le temps de me retrouver et retrouver également ce que j’ai abandonné : mes plus beaux désirs et mes rêves d’enfant ?

Ecoute. Traverse la peur du silence.

C’est si étrange…  Je préférerai fuir dans le monde des mots, du bruit, de l’agitation. Le silence est une contrée infinie où m’aventurer m’effraie… J’ai peur du vide comme de ce qui peut m’y surprendre…

Ecoute. Demeure dans le silence.

Mais j’ai froid dans ce dénuement ! Laissez-moi le manteau de mes illusions, mes habits de mensonge, laissez-moi fermer les yeux de mon cœur à ce que je suis, ne laissez pas la vérité me glacer !

Ecoute. Laisse le silence t’enseigner.

C’est un maître trop exigeant. Ecouter ce qu’il me murmure est d’une lucidité si brûlante que je ne sais pas si je dois lui ouvrir mon oreille. Il veut m’apprendre à vivre sans faux-semblant, à fleur de peau, à fleur d’âme : en suis-je capable ?

 

Le maître  inspira. Il prit la main de l’homme. Il ferma les yeux et entra dans la chambre de son âme, là d’où source toute parole. Il entra dans cet espace en deçà et au-delà des mots où l’attention se mue en pure présence. Il demeura au cœur du silence, là où se tait toute peur : la peur du renoncement, la peur du changement, la peur d’être soi, la peur de souffrir, la peur de mourir, la peur de vivre à la hauteur de sa vocation d’enfant de Dieu.

Il goûta longuement à cette quiétude silencieuse.

 

L’homme assis à ses côtés sentit la colère monter en lui : le maître ne l’écoutait plus. Puis il sentit la tristesse l’étreindre : le silence du maître signifiait certainement qu’il n’était pas digne de son enseignement.

 

Après avoir versé quelques larmes, l’homme laissa son corps se détendre, ses pensées s’apaiser. Il ferma les yeux et entra à son tour dans la chambre de son âme. Enfin, il écouta. C’est alors qu’il entendit le silence pépier dans son oreille. Il lâcha la main de son maître et s’envola sur les ailes du silence qui venait d’éclore en lui…

 

 

 

PostHeaderIcon L’homme qui regardait les oiseaux

Spiritualité - Miettes de la Fusterie

Je vous parle d’un homme dont personne ne connaît le visage et dont le timbre de la voix s’est perdu dans l’oubli… On nous raconte quelques souvenirs, des mots et des gestes.  On nous raconte qu’il était homme de la terre et du ciel, pétri d’humanité et de Souffle saint.


L’homme enseignait avec le livre de la nature ouvert sous les yeux. Il parlait de lis et d’oiseaux,  de graines, de semences, de vignes et de sarments…


Quand ses disciples voulurent raconter sa vie, ils convoquèrent à leur tour le livre de la nature. Ils  racontèrent que cet homme sage écrivait avec son doigt sur la terre ou se réfugiait dans la montagne pour prier. Ils racontèrent que sa parole suffisait à faire mourir un figuier, qu’il marchait sur les eaux et pouvait dompter les vents et des flots. Sa puissance éclatait dans la maîtrise de la nature.


Oui, je vous parle d’un homme étonnant et inclassable… Etait-il homme-Dieu ou Dieu fait homme ? Qui le sait ? La question a provoqué des débats infinis et a fait vaciller beaucoup d’hommes et de femmes entre certitude et doute.


Et si juste quelques instants, nous laissions en jachère le champ de la recherche théologique et de la quête religieuse ?

Et si nous  écoutions simplement ses paroles ?

« Regardez… ». Oui, regardez la nature et abandonnez toute inquiétude. Goûtez à la confiance et revêtez-vous de la beauté que donne la sérénité du cœur.


Le plus grand miracle de celui qu’on nommait Jésus est d’avoir provoqué la confiance chez ses auditeurs. Il leur a simplement demandé de croire que Dieu prendra soin d’eux, sans qu’ils n’aient besoin de rien faire…


Oui, je vous parle d’un homme qui avait l’audace de s’abandonner à la confiance comme l’oiseau prend son envol, comme le bourgeon d’une fleur s’ouvre et se déploie, comme la respiration enfin se libère…


Matthieu 6, 25-34 (NBS)


25C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils ne recueillent rien dans des granges, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? 27Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ?


28Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; 29et pourtant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux. 30Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs qui est là aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi ?


31Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu'allons-nous manger ? » Ou bien : « Qu'allons-nous boire ? » Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? » 32— tout cela, c'est ce que les gens de toutes les nations recherchent sans relâche — car votre Père céleste sait que vous en avez besoin. 33Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.


34Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.



 

PostHeaderIcon Méditante de terre

Spiritualité - Miettes de la Fusterie

A partir de cette semaine, une sculpture de Simone Mayor sera posée sur la table de méditation. J’ai imaginé ce qu’elle pourrait dire si soudain elle prenait vie. Voici le monologue d’une « méditante de terre » ...

Les bruits et les sons de l’extérieur m’assaillent, mes pensées tournent en rond, je ne sais plus, je ne vois plus clair... Il y a juste trop à faire, trop à donner, trop à saisir, trop à recevoir... Tout est confus !

Alors je m’arrête et je me mets à genoux sur la terre ferme. Je sens le poids de mes os, de mes muscles, et la force de mon corps. Je ressens le murmure du silence qui se laisse encore deviner en moi. Je me rassemble totalement, ma peau n’est plus à vif et mon coeur s’apaise. J’attends simplement que m’irrigue à nouveau la mystérieuse vitalité du Souffle créateur.

Lire la suite...

 

PostHeaderIcon L'envol

Spiritualité - Miettes de la Fusterie

 

L’homme parle et ses mots la touchent comme un chant d’amour. Un chant d’amour qui va au-delà du lien entre deux êtres, qui s’enracine dans la terre, qui s’élance vers les cieux.

Elle écoute et entend un appel. Entre ses mots, elle entend bruisser l’espoir. Alors, elle se lève et elle le suit. Elle se donne au chemin. Elle va au-delà d’elle-même, là où souffle l’Esprit et où crie l’urgence du départ.

Elle est prête à partir et à repartir sans cesse, d’une naissance à une autre. Elle est prête à se recroqueviller puis à se déployer, à puiser au plus profond d’elle-même la force de vivre, puis à offrir aux yeux du monde ce qui peut éclore de ses mains. Elle est prête à se laisser aller à la pulsation de la vie…

Elle fait un premier pas hors du fleuve du passé, de tout ce qu’il charrie et qui bafoue la vie, elle se jette dans les flots d’un jour nouveau. Elle fait un deuxième pas pour reprendre souffle au cœur du vivant, là où même le silence est lumière. Elle laisse les manteaux de larmes, les brisures et les regrets, les souvenirs pesants de la nuit.

Elle est en marche, pèlerine sans autre but que d’aller à sa rencontre. Elle veut écouter cette voix qui porte autre chose que la résignation et l’abandon au pire. Elle veut encore entendre se gonfler les voiles des mots qui emportent le cœur et l’âme aux cimes de la joie.

Elle s’approche de lui sans rien d’autre que le désir de s’arracher à l’insupportable, que de rêver autre chose, que de consentir à l’inavoué de ses désirs. Elle lui dit son nom et lui demande : « Que faire pour te suivre, Maître ? » Alors Jésus lui répond : « Va ! », puis il s’éloigne d’elle. Elle comprend que le suivre ce n’est pas lui emboîter le pas, mais se laisser porter par l’élan de sa voix et la force de ses mots.

Elle reprend sa marche avec ferveur, elle marche au rythme du vent, du soleil et du murmure des nuages. Elle part en exil au cœur du vivant, sans regarder derrière elle, sans même s’accrocher à la silhouette lointaine du Maître.

Les pieds posés sur la terre poussiéreuse, elle avance dans une belle légèreté en portant ces mots saisis au vol dans les paroles de l’homme : « N’aie pas peur ». Elle laisse danser ces mots au rythme de sa liberté reconquise. Et elle marche, personne ne sait où elle va, mais elle y va, comme l’oiseau  s’envole.

 

Jean 3, 6-8

 

Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau — d'en haut. Le vent souffle où il veut ; tu l'entends, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit. (Traduction NBS)

 

 

 

 

 

PostHeaderIcon Miette de la Fusterie_2012.03.26

Spiritualité - Miettes de la Fusterie

A faire : toujours plus !

Notre société encourage l’avidité, que ce soit pour avoir toujours plus ou toujours plus à faire. C’est comme si nous engrangions en permanence les activités, les loisirs et les rencontres. Je partage cette inclination avec mes contemporains ; preuve en est : je fais des listes. Il y a celles qui sont consignées dans mon agenda, celles écrites sur des post-it ou sur les notes de mon iphone, sans compter les listes que je dresse dans un coin de ma tête.

Lire la suite...