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PostHeaderIcon Veiilée de prière avec frère Alois (Taizé)

Taizé

 

Voici le texte de la éditation de frère Aloïs lors de la veillée:

"C'est un très grand bonheur, pour nous les frères, de nous retrouver dans cette belle cathédrale Saint Pierre de Genève à laquelle tant de liens attachent notre communauté de Taizé.

Nous nous rappelons que nous étions ici voici cinq ans pour la rencontre européenne de jeunes. Et nous savons aussi que, voici plus de soixante-dix ans, c'est ici à droite, dans la petite chapelle de Nassau, que frère Roger et nos premiers frères commençaient à célébrer chaque matin leur prière commune. C'était les premiers pas d'un long chemin.

 

Aujourd'hui, notre communauté est appelée à accueillir de très nombreux jeunes. Même si cela dure depuis de longues années, cela reste pour nous un étonnement. Et très souvent, en repartant après quelques jours à Taizé, ces jeunes se demandent : est-il possible de continuer à la maison ce que je vis ici ? Comment me référer à Dieu dans ma vie quotidienne ?

Tous, nous pouvons avoir parfois la forte impression que, dans la vie de tous les jours, nous sommes laissés à nous-mêmes. Dieu peut sembler très lointain.

Pour certains, trouver une orientation de vie est peu évident. Il est difficile aujourd'hui de prévoir l'avenir, même l'avenir proche. Beaucoup font des études ou acquièrent une formation sans avoir aucune idée vers quoi cela pourra déboucher. Comment alors construire un projet de vie ?

Bien sûr, nous n'avons pas de solutions faciles à offrir. Mais nous, les frères, nous voudrions que ceux que nous accueillons ou ceux avec qui nous prions ensemble comme ce soir, puissent repartir avec une force intérieure qui leur permette d'envisager l'avenir avec courage et avec joie.

Quand les appuis que nous offrent la société chancellent, il devient d’autant plus important de trouver en nous-mêmes une force intérieure qui nous fait aller de l'avant.

Mais où la trouver, cette force intérieure ? Est-ce que la confiance en Dieu peut l'éveiller ? Oui, je suis convaincu que c'est possible. La confiance est plus qu'un simple sentiment, il est possible de prendre une décision réfléchie pour la confiance en Dieu.

Pour soutenir cette décision, il s’agit, comme pour une amitié humaine, de nous investir pleinement dans la recherche d'une relation personnelle avec Dieu. Et nous pouvons y avancer en regardant vers le Christ.

Jésus, quand il était jeune, a fait un choix fondamental qui orientait de manière décisive son existence. Il a mis toute sa confiance en l'amour de Dieu. Il a fait confiance à Dieu même dans les échecs, qu’il a connus lui aussi.

Et il n'a jamais obscurci l'amour de Dieu qui rayonnait à travers lui. En lui l'amour de Dieu dans sa totalité est devenu visible. Il faudrait méditer cela davantage. Dieu, qui est au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer, s'est communiqué pleinement à travers une vie humaine, la vie de Jésus.

C'est à travers une vie toute simple que Jésus rayonnait l'amour de Dieu. Il n’était pas un surhomme au-dessus de nous, il était au contraire beaucoup plus humain que nous.

En regardant ainsi vers lui, nous pouvons comprendre que Dieu nous donne de faire confiance à notre humanité. La confiance en Dieu ne fait qu'un avec la confiance en l'homme. La foi en Dieu conduit à devenir plus humain, à refuser tout ce qui déshumanise et nous-mêmes et les autres.

Avec le Christ, tous nous sommes enfants de Dieu. Renouveler jour après jour cette confiance en Dieu nous donne une force intérieure et même une ténacité. Elles peuvent orienter toute notre existence, être sous-jacentes aux décisions petites ou grandes.

Alors, même avec une liberté réduite, même au milieu de difficultés matérielles, même avec peu de certitude pour l'avenir, nous pouvons trouver le goût et le courage de prendre en main notre futur.

 

Je suis à peine de retour d'Afrique et je voudrais vous dire que, en Afrique, j'ai vu des témoins de cette confiance en Dieu.

En novembre, nous avions une rencontre de jeunes à Kigali, au Rwanda, c'était la troisième étape africaine de notre « pèlerinage de confiance sur la terre ». L'idée de cette rencontre était venue de  jeunes Rwandais eux-mêmes. Certains nous avaient dit : « Nous avons besoin chez nous d'un pèlerinage de confiance, pour nous aider à contribuer à la reconstruction de notre pays. ».

Nous, les frères, nous y étions comme simples témoins de leur désir de reconstruire leur pays, et plus largement de l'aspiration des jeunes chrétiens africains à préparer l'avenir de leur continent. C'est que les participants venaient non seulement du Rwanda, mais de toute la région des Grands Lacs, de l’Afrique de l’Est et de plus loin : plus de 8500 jeunes de 35 pays, accueillis dans 4000 familles.

Le Rwanda a traversé une grande souffrance. La mémoire et les blessures en restent vives. Mais le pays se relève. Nous admirons celles et ceux qui apportent compassion et guérison, par exemple en prenant en charge des orphelins comme si c'étaient leurs propres enfants.

Du Rwanda nous retenons surtout l'appel à la réconciliation. L'Église veut y contribuer à une  réconciliation en profondeur, non pas une coexistence imposée, mais une réconciliation des coeurs. C'est un appel pour nous tous : comment réconcilier ce qui paraît, et qui est peut-être, incompatible ? Nous ne sommes pas condamnés à la résignation ou à la passivité, le Christ est venu réconcilier ce qui semblait à jamais opposé.

Depuis Kigali, avec deux de mes frères, nous sommes allés à Goma, au Nord Kivu, juste au moment où les bouleversements récents faisaient affluer des dizaines de milliers de familles déplacées qui connaissaient d'immenses détresses, un dénuement complet.

A Goma, dans des circonstances exceptionnelles, nous avons rencontré des artisans de paix et des témoins de l'amour. A cause de leur foi, ils restent debout dans le chaos, la peur, l'abandon. Nous gardons l'image d'une Église qui demeure lieu d'accueil, même quand plus aucune autre structure ne fonctionne.

Je reste fortement impressionné par la vitalité des jeunes chrétiens en Afrique. Ce dynamisme est comme un encouragement d'Evangile à tenir ferme dans l'espérance.

 

Et maintenant, nous sommes à la veille de notre rencontre européenne à Rome. Comme ce fut le cas voici cinq ans ici à Genève, les jeunes seront accueillis dans les familles. Nous prierons dans les grandes basiliques romaines. Et nous aurons une prière avec le pape Benoît XVI à Saint Pierre : Saint Pierre de Rome.

Tout de suite après, avec une centaine de jeunes, nous irons à  Istanbul, pour être pendant trois jours près du patriarche de Constantinople Bartholomée.

Tous nous voudrions écouter, comme adressée à chacun et à chacune d'entre nous, la parole que l'apôtre Paul a un jour écrite à un jeune, responsable d'une communauté chrétienne : « Ravive le don que Dieu a déposé en toi. Ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi. »"

(cathédrale Saint-Pierre de Genève, 2 décembre 2012)

 

 

Ci-jointe également, la lettre des 3 Eglises genevoises (catholique chrétienne, catholique romaine, protestante) aux chrétiennes et aux chrétiens rassemblés à Rome en fin d'année pour la Rencontre européenne, nouvelle étape du pèlerinage de confiance initié par Taizé:


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PostHeaderIcon Prière de Taizé tous les mercredis à 12h30

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Chaque mercredi, l'Espace Fusterie accueille la prière de Taizé. Cliquer ici pour le programme.

Ce rendez-vous se tient sans interruption depuis la rencontre européenne de fin 2007

 

 

Pour revivre la prière du soir de Taizé donnée à Berlin fin 2011:

www.domradio.de

 

Des informations de ce même site sur la Rencontre: http://www.domradio.de/thema/taize/